Nous sommes de retour à Manille après notre périlleuse aventure dans la cordillère des Philippines.

Cette fois-ci, on décide d’y aller mollo, fack on profite de notre passage pour visiter un peu, chose que nous n’avions pas fait lors de notre arrivée. Nous nous rendons donc à « Intramuros », quartier le plus ancien de Manille, construit par les Espagnols au XVIᵉ siècle.

En arrivant sur les lieux, un homme nous suggère un tour guidé d’une durée d’une heure, sur son « tricycle » (qui est un genre de taxi vélo). Nous n’avons pas l’habitude de prendre ce genre de truc car, par expérience, ils finissent toujours par t’avoir en soutirant ton argent au max. Mais va savoir pourquoi, cette fois-ci, un élan de compassion m’en ivre et je couvaincs mon amoureux que c’est pas très cher pour nous et que ça va lui permettre de mettre du pain sur la table pour sa famille.

Alors on y va!

Mais après trois heures de tournage en rond et de blabla qui devient de plus en plus anodin, on commence à trouver le temps long un tit brin. Il fait chaud et on en a assez, mais on ne veut pas se faire brusque et méchant, alors on se fait tolérant tsé!

Il nous avait dit une heure.

Ça en fait trois.

Ça va ben finir par finir, non?

Et bien non!

Je réalise soudainement que le tarif qu’il nous avait proposé était un tarif par demi-heure et non pas pour le tour complet! Il nous avait bien dit les mots «  prix total » et « tarif tout-inclus », mais il avait omis de dire « par demi-heure », sous prétexte qu’il est écrit sur sa maudite machine à trois roues. Résultat, on se ramasse avec un foutu bill! Il pouvait ben étirer la sauce avec ses blablas futiles le p’tit mausus!

Oh que j’aurais dû écouter mon amoureux et me méfier un peu plus!

Ciboire!

On s’est fait avoir comme des débutants!

Ciboire de ciboire!

Je me console en me disant que, pour être obligé d’agir de la sorte avec les gens, il doit clairement être plus mal-pris que nous…

Suite à cette petite mésaventure, on part pour le sud de Luzon, direction Caramoan!

Seule manière de s’y rendre : encore un bus… de 8h!

Ciboire!

Mais cette fois-ci, nous sommes prêts!

D’abord, hors de question que nous prenions un bus de nuit! Ho que non! Nous prenons un bus de jour, nous prévoyons des collations et de l’eau, plus qu’il en faut et à chaque arrêt, on en profite pour dégourdir les p’tites jambes de coco.

Tout se passe bien jusqu’à la dernière heure…

Ciboire!

Encore des routes de fous pleines de courbes et de bosses!

Je ca-po-te!

Et notre petit loup aussi!

Ciboire!

Mais Dieu merci, on survit!

Sauf que…

En fin de journée, on arrive enfin sur les lieux. Rien d’extraordinaire à l’horizon.

On se prend un « tricycle » motorisé (qui est en fait une mini-moto avec un carrosse sur le côté pour embarquer des passagers) en route pour la dite plage qu’il y a à voir ici et on demande pour un hôtel recommandé par notre guide Lonely Planet.

On arrive dans un mini village et le chauffeur cherche sur l’unique rue le dit hôtel, qu’il ne trouve pas.

Trois aller-retour sur la rue dont les habitants nous regardent tels des animaux de cirque.

Trois aller-retour à se faire pavaner et dévisager sous un ciel nuageux.

Ciboire!

Le gars ne trouve tout simplement pas et il se fait tard.

Ciboire!

Il nous arrête donc dans un petit hôtel miteux.

Les chambres sont toutes prises.

Ciboire!

Mais le proprio de bon coeur nous offre une solution. Mon conjoint va voir ce que l’on nous propose.

Il revient, le visage terne et affligé: « Tu n’aimeras pas ça! »

Un matelas tout pourri directement au sol, qui n’est guère plus propre et entre quatre murs envahis par la moisissure!

Je ca-po-te, ciboire!

Je ne peux pas croire que l’on s’est tapé un 8h de bus de fou pour ça!

Un village d’une rue avec un hôtel exécrable et une plage quelconque?

Voyant notre désarroi, notre chauffeur nous suggère donc un autre hôtel qui se situe un peu plus loin, tout au bout du village.

Un petit « Guest House », hyper charmant, dont les hôtes sont hyper chaleureux, avec des chambres hyper propres, balcon vue sur la mer, restaurant avec bonne bouffe maison, le tout, à un prix plus que raisonnable!

Fiou! La pression et le désarroi retombent.

Le lendemain, sous un soleil rayonnant et après avoir décompressé, tout nous semble soudainement plus charmant. La longue plage chargée de bateaux de pêcheurs est remplie de vie. Les montagnes et la jungle luxuriante qui nous entourent sont splendides et même l’unique rue du village où on y fait sécher du poisson directement au sol, nous semble plus animée et sympathique.

Lorsque l’on est éloigné de la sorte, les autres touristes, tu les « spot » à des kilomètres à la ronde et souvent, tu te lies d’amitié assez rapidement.

Et c’est ce qui s’est passé. Nous avons rencontré un couple hollandais et un allemand avec qui nous avons fait un trip de bateau qui va d’île en île déserte, tous aussi paradisiaques les unes que les autres.

Le lien étant si fort, que nous avons voyagé avec ceux-ci pendant une semaine.

La ville de Legazpi pour voir le fameux volcan Mayon, l’un des plus dangereux du monde, mais aussi l’un des plus impressionnants avec sa forme triangulaire parfaite et Donsol pour nager avec les immenses requins-baleines.

Des déplacements tout aussi périlleux que nos précédents (car qu’on se l’avoue, les routes aux Philippines ne sont pas de tout repos, ciboire!), mais avec l’entraide de nos nouveaux compagnons, beaucoup d’humour et de légèreté, tout se fait plus facilement.

Nous qui croyons que voyager avec bébé nous isolerait et que les échanges de la sorte avec d’autres voyageurs ne seraient pas possible! La vie nous a bien prouvé le contraire!

Lorsque nous quittons finalement nos nouveaux amis, nous nous évadons à Puerto Gallera profiter de la mer, de la bonne bouffe et des paysages montagneux, en attendant notre prochaine destination…

Direction : Le Sri Lanka!